Un commentaire sur des propos erronés et maladroits pour ne pas dire stupides.
Ceux en l’occurrence de l’entraîneur du Poinçonnet avant d’affronter Montbrison, lequel présentait son adversaire, dans la Nouvelle République, comme celle des Cinq Mercenaires :
« Elles ont fait toute leur saison à cinq mais elles ont tenu jusqu'au bout. Leurs filles ne font que du basket, ça change tout, il ne faut pas oublier que chez nous, les joueuses ont un travail à côté. »
http://www.lanouvellerepublique.fr/Indr ... le-1920624
Ben voyons !
A la lecture du site du BCMF, il aurait d’abord pu constater qu’en phase de poule aller et retour, c’est l’effectif, et non le cinq, qui a obtenu la qualification. Même s’il est évident que sur les matches clés et en playoffs, l’opposition n’étant pas la même, 5+2 joueuses se sont davantage partagées le temps de jeu. En compétition et même si Coubertin a dit que
« l’important, c’est de participer », l’objectif c’est de gagner.
Ce coach aurait observé également que trois joueuses du cinq ligérien évoluaient en NF3 en 2011-12 (Bouillon, Urmös et Rulewicz), quatre faisant partie du cinq 2012-13 toujours en nationale 3 (Cabaton en plus, laquelle arrivait de Fraisses NF3). Que le BCMF, promu l’été dernier, n’a pas effectué un recrutement quantitativement important, Duvivier arrivant blessée et dans le projet d’une reconversion extra-basket.
Evoquer ensuite le quasi professionnalisme ou le non amateurisme du cinq de Montbrison est évidemment faux. La joueuse notamment qui, à 5 heures du matin, entame ses journées dans les rayons d’un Hypermarché de Montbrison, a dû apprécier !
Même la capitaine de l’équipe (ex professionnelle certes) a ouvert un salon de beauté bio dans la commune où elle réside et travaille de fait souvent le dimanche.
http://www.beautenature42.fr/
Alors pourquoi ces propos ? Pour provoquer un soutien populaire sur le match ? Pour sauver les apparences ?
Le coach du Poinçonnet déclarait en début de saison :
« Tous les postes sont doublés (…) je vais disposer d'un groupe de douze joueuses compétitives et de même niveau. » Il a fait un choix à l’intersaison qui constituait pour lui, dans un article intitulé « Le Poinçonnet est bétonné », un avantage, ce en quoi il avait effectivement raison.
http://www.lanouvellerepublique.fr/layo ... ne-1533052
Sauf qu’avec une place de premier de la poule C et la seconde de la poule F à l’entame des playoffs (avec deux victoires d’avance sur Le Creusot et l’union Riorges-Coteau-Roanne, ,et seulement six matches restant à disputer), la Nouvelle République annonçait début avril que l’équipe du Cher était
« virtuellement en N1 », qu’
« avec une bonne position de départ et un premier match à domicile, les filles de l’USP ont la N1 en ligne de mire », que « dans un monde parfait, il n'aurait jamais dû y avoir de play-off. Et ça ferait déjà plusieurs semaines que les Poinçonnoises, brillantes premières de leur poule C de N2, auraient sabré le champagne pour fêter leur accession en Nationale 1. Sur le fond, c'est vrai, il y a une forme d'injustice à ce qu'une équipe leader quasiment de bout en bout d'une saison régulière ne soit pas récompensée de sa régularité. Yann Vaslin, l'entraîneur de l'USP n'a pas manqué de soulever ce paradoxe ces derniers temps et, en se mettant deux secondes à sa place, on le comprend, sincèrement. » Lequel coach déclarant alors :
« On est capables de le faire » !
http://www.lanouvellerepublique.fr/Indr ... xe-1863289
Dans ces conditions, on peut évidemment comprendre, malgré un discours qui se voulait modeste et humble, la déception voire la frustration qui peut être aujourd’hui ressentie.
Ce coach cherchait-il, avant ce dernier match à domicile et son départ, à masquer l’échec d’une fin de saison où l’accession semblait à l’évidence à la portée de son équipe, en survalorisant une victoire contre Montbrison dont la (logique) démobilisation à quinze jours du Final Four pouvait être espérée en cas de confrontation agressive ? D’où des appels clairs au combat physique (
« Il faudra mettre de l'intensité, montrer de la détermination. On devra mettre du rythme pour les faire déjouer et insister sur la percussion. ») au lieu d’imposer, avec un tel effectif et au gré des nombreuses rotations, une qualité de jeu collectif qui épuise des Ligériennes au banc plus court.
La formule a eu l’effet inverse sur les joueuses de Montbrison qui se sont au contraire attelées à appuyer sur le couvercle quand leur adversaire était cuit. Histoire de remettre les pendules à la bonne heure.
Ces propos ont manqué de fair-play et de surtout de respect.
Il y avait l’arroseur arrosé, il y a eu ce week-end Le Poinçonnet… poinçonné !