Rencontre avec l’intérieure de Feytiat qui reçoit l’Insep demain
Originaire d’Alicante, Ana se sent très bien en France et notamment à Limoges. © photo stéphane lefèvre
Pour sa deuxième saison à Feytiat, l'intérieure espagnole apporte sa bonne humeur et son sens du collectif à une équipe qui veut retrouver des couleurs.
En début de saison, lors de la reprise, Benjamin Villeger avait assigné un objectif personnel à son intérieure espagnole
Ana Faussurier : faire une phrase en français. Trois mois plus tard, on a tenté de voir comment la jeune femme de 23 ans s'en sortait. Verdict ? Même si elle assure qu'elle « ne parle pas bien » la langue de Molière, la native de Barcelone s'exprime correctement avec un accent synonyme de soleil.
Le soleil, c'est ce qu'il manquait à Feytiat après un début de saison compliqué et inattendu (quatre défaites en six matches). Pourtant, la solaire Faussurier a décidé de garder le sourire, généreuse par nature presque altruiste à l'excès. « J'aime bien aider et donner aux autres, assure-t-elle. Je ne fais pas exprès, je suis comme ça ». Et la femme est la même que la basketteuse : « Si une coéquipière est démarquée, j'aime bien lui passer la balle. C'est toujours gratifiant quand on te dit "bonne passe, merci" ».
Trop gentille…
Certains lui reprocheront d'être trop gentille, trop collective, au détriment de ses propres statistiques. Mais si Benjamin Villeger, son coach, a absolument tenu à la conserver après une première saison réussie en France, c'était en toute connaissance de cause : « Elle sait qu'elle doit être plus égoïste et prendre plus de responsabilités mais, à côté de ça, son QI basket est très intéressant. Elle est toujours dans l'espace qu'il faut des deux côtés du terrain ».
Rebondeuse hors pair, la n° 13, passée par les équipes internationales jeunes d'Espagne (U16 à U20) et par la NCAA (Arkansas) facilite et fluidifie le jeu feytiacois. Tout en apportant ses bonnes ondes au groupe. « Humainement, chaque coach rêverait d'avoir une fille comme elle, témoigne Benjamin Villeger. Elle est toujours volontaire, ne râle jamais, ne rate jamais un entraînement ».
Pour elle, pas question de dire du mal d'une coéquipière ou de l'équipe après un retard à l'allumage préjudiciable. « Notre victoire à Roanne la semaine dernière (73-66) montre qu'on progresse, confie-t-elle. Tout le monde doit s'améliorer et se trouver ». Croit-elle encore aux play-offs ? « C'est compliqué mais on ne va pas s'arrêter de jouer car on est loin. Il faut qu'on gagne tous nos matches ».
À commencer par l'Insep demain à domicile (20 heures). D'ailleurs, Ana a un dernier truc à dire : « C'est sympa car j'ai été au centre fédéral espagnol et qu'on va jouer face à Émilie Raynaud qui s'entraînait avec nous l'an dernier ». Encore une pensée pour les autres. Décidément, on ne se refait pas. Et c'est tant mieux pour Feytiat.
Kevin Cao / LE POPULAIRE DU CENTRE