ALM Evreux, le grand pardon ?
Vilipendée par son public lors de sa dernière sortieà domicile face à Nantes, l’ALM Evreux a bien l’intention de se réconcilier avec ses supporters ce soirà l’occasion de la réception du Portel.
L’ALM de Guillaume Costentin a rencontré cinq fois Le Portel cette saison (quatre fois en Leaders Cup, une fois en championnat) et l’a emporté à trois reprises
Pour la première fois de la saison, ils sont sortis sous les sifflets. Transparents, la semaine passée face à Nantes (77-89), les Ébroïciens ont subi les foudres du public de Jean Fourré. Une réaction logique selon Laurent Pluvy :
« On n’y était pas et vu la physionomie du match, je comprends l’attitude des supporters. Lorsque tu mènes de quinze points à la mi-temps et que finalement tu en prends quinze, c’est qu’il y a eu un souci durant la seconde période. On a donc des choses à se faire pardonner. »
Et surtout un autre visage à montrer, car ce n’est pas tant la défaite face aux Nantais qui a agacé les fans d’Evreux que le manque d’envie, ce soir-là, de ses protégés.
« En plus de perdre, c’est vrai qu’on n’avait pas vraiment mis la manière, confirme Guillaume Costentin.
Mais ce qui s’est passé, tant à Vichy que face à Nantes, ne nous ressemble pas. La preuve, c’est qu’on a très bien réagi le mardi suivant face à Bourg. » En terre bressane, les Ébroïciens ont en effet offert un tout autre visage et ramené une victoire (68-87) on ne peut plus importante.
« On n’a pas oublié le match aller »
Un succès qui a quelque peu atténué le courroux des aficionados de l’ALM, mais pas totalement. Non. Ce qu’il faudrait pour qu’ils tirent un trait définitif sur le non-match de Nantes, c’est que les hommes de Pluvy embrasent à nouveau Jean Fourré. Facile ? Pas vraiment. Ce soir c’est en effet Le Portel qui est annoncé, une formation qui vise le top 4 et qui dispose de solides individualités (Mangin, Mc Kay, Donaldson pour ne citer qu’eux).
« On les joue plusieurs fois par saison et à chaque fois il y a de l’engagement, de l’intensité, de l’ambiance, souligne le capitaine de l’ALM.
En outre, on n’a pas oublié le match aller. » Une rencontre particulièrement tendue (remportée 76-70 par Evreux), à l’issue de laquelle des échauffourées avaient éclaté.
Burton, notamment, avait été pris à partie par quelques excités.
« On ne va pas insister, mais on va tout de même le rappeler aux joueurs, prévient le coach ébroïcien.
En plus, la Leaders Cup n’est pas si loin. On les a sortis de cette compétition alors qu’ils étaient bien partis pour la gagner. Je pense qu’avec l’armada qu’ils ont et leurs moyens, ce fut un vrai coup d’arrêt pour eux. Derrière, ils sont repartis mais on est allé gagner là-bas et ça les a de nouveau stoppés. À chaque fois on est sur leur route et c’est ça qui est bon. On sait qu’ils vont être remontés, qu’ils vont arriver avec le couteau entre les dents, mais, de notre côté, on n’a pas envie de rééditer la même prestation que face à Nantes et on vient de réaliser un gros truc à Bourg. »
Un succès qui a permis à l’ALM de s’emparer de la deuxième place du classement et de se rapprocher encore un peu plus d’une qualification en play-offs.
« Si on bat Le Portel, on y sera », estime Pluvy. Et dès lors, la défaite contre Nantes n’apparaîtra plus que comme une simple péripétie dans une saison
« sublime ». Et ce d’autant plus qu’
« une fois qualifié, il n’y aura plus de limite. Derrière, on aura la possibilité de jouer libéré. On aura atteint notre objectif et on pourra se lâcher, jouer sans retenue, car on ne pourra plus rien nous reprocher. On pourra y aller gaiement. Les choses seront beaucoup plus simples. Mais, nous n’y sommes pas encore et la dernière marche est souvent la plus difficile à franchir. »
Sous les paniers
Reed malade
Lorsqu’on l’a vu arrivé hier, à Jean Fourré, en claquette et avec un bonnet sur la tête, on s’est fait du souci pour lui. De fait, dès que l’entraînement a commencé Drake Reed s’est éclipsé pour soigner un état grippal qui ne devrait toutefois pas l’empêcher de tenir sa place ce soir face au Portel.
Costentin en veut encore
Si à 34 ans, certains basketteurs mettent un terme à leur carrière, Guillaume Costentin, lui, a encore faim.
« J’ai encore envie de jouer quelques années, insiste l’ailier fort de l’ALM.
Je suis bien dans mon corps et je suis toujours motivé. J’arrive en fin de contrat et j’ai donc forcément à l’esprit que je pourrais être amené à partir. Aujourd’hui, je ne sais pas qui sera le coach de l’ALM la saison prochaine (Laurent Pluvy devrait annoncer, mercredi ou jeudi, s’il prolonge ou non l’aventure avec Evreux)
, du coup c’est compliqué de savoir de quoi l’avenir sera fait. »
Les américains reprennent la main
Quelques minutes après la rencontre face à Nantes, en conférence de presse, Laurent Pluvy n’avait pas hésité à dire que son équipe manquait cruellement de leaders. L’entraîneur ébroïcien visait évidemment tout son effectif, mais sans doute encore un peu plus ses trois Américains. Dans la plupart des équipes ce sont en effet les US qui prennent les choses en main lorsque la situation se complique ou qui remettent leurs coéquipiers dans le droit chemin. Or, vendredi dernier, lorsque Nantes a passé la surmultipliée, en seconde période, BA Walker, Drake Reed et Joe Burton se sont éteints. Une attitude qui a donc déplu au technicien ébroïcien.
« Les joueurs qui ont de l’expérience doivent porter le groupe, insiste Pluvy.
Du coup, je les ai un peu tancés avant le déplacement à Bourg. » Pas pour rien. Dans la Bresse, le trio Walker-Reed-Burton a en effet réalisé une grosse partie (64 d’évaluation sur les 105 d’Evreux) et pris ses responsabilités au moment opportun. Reed notamment qui, lorsque la JLB est revenue à quelques encablures des Amicalistes, au début du quatrième quart, a tué le suspense d’un magnifique tir à trois points (en fin de possession).
« Tout le monde a fait son job, mais c’est vrai que notre trio US a été super, confirme le coach de l’ALM.
Drake a été fantastique, il nous a fait un bien fou dans le money-time. C’est un gars qui ne doute jamais. les événements n’ont pas de prise sur lui et c’est parfois énervant, mais ça le rend imperméable à la pression. Quant à BA, il a été bon dans l’organisation et Joe s’est bien repris après un début de match délicat. »
Paris Normandie