Les échos venus d'ailleurs :L’exploit de l’ALM Evreux face à Blois, le leader
Les Ebroïciens ont réalisé un petit exploit vendredi 5 février 2021, en faisant tomber Blois (81-73). Les locaux ont mené quasiment toute la partie et n’ont pas faibli, grâce notamment, aux excellentes prestations de Zamora et Barrueta.
Jhornan Zamora (ici face à Paris) et les Ebroïciens ont fait plier Blois
L’Ebroïcien Jean-Philippe Dally avait été clair après la courte défaite contre Paris samedi (72-79) : « Il faut passer à autre chose et se concentrer sur Blois maintenant. » Visiblement cette déception a vite été digérée par les joueurs de Neno Asceric qui sont apparus surmotivés, hier soir, sur leur parquet contre le leader du championnat. Pas question d’avoir le moindre complexe face à une équipe pourtant très athlétique, hyper efficace en défense et qui n’avait, jusqu’à présent concédé qu’une seule défaite (à Saint-Chamond, le 18 décembre).
D’entrée de jeu, les locaux imposaient leur rythme, très rapide, ce qui désorientait un peu les Blésois, privé d’un de leur meilleur marqueur Benjamin Monclar (victime d’une béquille à l’entraînement). Echaudé par son 0/6 à trois points contre les Parisiens, l’ailier Yunio Barrueta annonçait son intention de redevenir le patron à cet exercice et rentrait deux paniers derrière la ligne des 6,75 m durant les trois premières minutes.
Ses coéquipiers Amadou Sidibé, Dimitri Radnic et Jean-Philippe Dally faisaient le reste à deux points et l’ALM, créé la surprise en menant 24-14 à la fin du premier quart-temps.
Le show Barrueta
Pris à froid, les visiteurs ne réagissaient pas l’intermédiaire de Cédric Bah et du jeune Hugo Bequignion, mais leurs hôtes continuaient de jouer très rapidement et étouffaient leurs adversaires. Seule la défense tout terrain des joueurs de Mickaël Hay semblait déstabiliser les Normands qui s’adaptaient, finalement, au bout de quelques attaques. L’ALM résistait et, malgré un trois points au buzzer de Tyren Johnson qui lui fit perdre le quart-temps, menait toujours à la mi-temps (41-33).
Au retour des vestiaires, Barrueta débutait comme il l’avait fait 20 minutes plus tôt : par deux trois points en trois minutes. Dominé au rebond, Evreux se faisait, néanmoins, dangereusement rattraper, avec notamment, deux paniers coup sur coup de l’ancien Ebroïcien Mathis Dossou-Yovo (50-46). Rapidement, Fabien Paschal remettait de l’ordre dans la raquette et au tableau d’affichage (57-50). A dix minutes de la fin du match, les locaux étaient toujours devant avec, toutefois, un écart trop léger pour y croire vraiment (59-54). D’autant que, Johnson à trois points puis le meneur Thomas Cornely trouvaient la faille pour, cette fois, passer devant (65-66). C’est à ce moment-là que Jhornan Zamora et ses coéquipiers auraient eu bien besoin d’un coup de pouce du sixième homme…
A défaut d’être porté par la salle, Barrueta a fait confiance à son shoot (6/6 à trois points sur l’ensemble de la partie). Zamora l’imitait dans un second moment crucial, avant d’en rajouter une dernière couche afin d’anéantir les espoirs des Blésois. Evreux s’offrait le leader, avec huit points d’avance (81-73).
« C’est une grande récompense »
Neno Asceric (entraîneur d’Evreux) : « Cela me fait énormément plaisir, en tant que coach, de voir mes joueurs si heureux après la victoire. C’est ça le plus important. C’est une grande récompense pour eux, pour tout ce qu’ils donnent depuis le début de la saison. On a vraiment mérité cette victoire. On a été tout le temps devant, on a joué un bon basket. On a eu des problèmes aux rebonds, mais les Blésois étaient très athlétiques. Nous avons bien défendu, on a mis beaucoup de paniers en contre-attaque et trouvé de très bons shoots, que l’on a mis, notamment Yunio et Jhornan. On a eu un passage difficile quand Blois est revenu, mais Fabien a répondu présent et on est repassé devant. Tout le monde s’est donné à fond, Tony (Anthony Da Silva) a très bien joué son rôle lorsqu’Austin est sorti. Dimitri a été très bon aussi, il nous a vraiment manqué contre Paris. C’est un gars qui apporte beaucoup d’énergie et d’enthousiasme. »
Mickaël Hay (entraîneur de Blois) : « On a toujours des regrets quand on perd, mais il faut surtout tirer un coup de chapeau à cette équipe d’Evreux qui a mérité sa victoire. Je n’ai pas grand-chose à reprocher à mes joueurs dans l’investissement et dans le combat, mais on manqué d’intelligence. On a voulu jouer plus vite que notre adversaire. Or on ne peut pas jouer plus vite qu’Evreux. On a joué comme un poulet sans tête à un moment donné. »
Paris Normandie
Quand l’ADA Blois perd la tête...
La tête, les Blésois l’ont doublement perdue, vendredi à Évreux : d’abord sur le terrain, durant le money time ; et du même coup au classement général.
Hugo Bequignon a passé près de 22 minutes sur le parquet d’Évreux
Coup de chapeau à cette équipe d’Évreux. Les premiers mots de Mickaël Hay, vendredi soir en conférence de presse, ont été pour féliciter, et plutôt trois fois qu’une, des Normands qui viennent donc de gagner quatre de leurs cinq dernières rencontres de championnat – c’est ce qui s’appelle remettre les pendules à l’Eure – et ne devraient pas s’arrêter là, au vu du basket qu’ils sont désormais capables de produire.
Alors certes, le pistolero américano-cubain Yunio Barrueta ne fera pas de tels cartons dès qu’il se mettra en tête de dégainer (20 points avant-hier, dont 5/5 à 3 points) mais son arrivée, et celle du très tanké meneur US Austin Tilghman, ont transfiguré un groupe qui peut aussi compter sur de jeunes joueurs très mordants, à l’image d’Anthony Da Silva ou de Dimitri Radnic, lesquels ont fait de Neno Asceric un coach heureux, ce week-end.
Heureux, Mickaël Hay l’était forcément un peu moins au moment de reprendre la route du Loir-et-Cher. Encore qu’il ne se soit pas vraiment ému, en salle de presse, d’avoir vu s’envoler une première place que son équipe venait tout juste de chiper à Quimper. Et pour ce qui est de l’engagement, de la combativité, il n’a d’ailleurs rien trouvé à redire à la performance de ses joueurs. « Non, ce qui nous a manqué, c’est plutôt l’intelligence de jeu. » Notamment dans le money time, quand l’ADA « avait le momentum », qu’elle venait de passer devant pour la première et seule fois de la partie (65-66), puis de réussir un stop défensif qui aurait pu plomber l’ALM…
C’est alors que les Blésois ont à peu près tout perdu à la fois : la tête, le ballon – passé des mains de Johnson à celles de Tilghman pour un nouveau 3 points de Barrueta – et bientôt le match puisque les Normands ont aussitôt redéployé leurs ailes, laissant définitivement les Blésois sur le tarmac.
« On fait un pas en avant, deux pas en arrière »
« Une action terrible » a synthétisé Mickaël Hay avant d’énumérer les défaillances de son groupe au cours de cette soirée normande : « On perd trop de ballons (17 dont 7 dans le premier quart), on veut parfois jouer plus vite que l’adversaire… alors que l’on ne peut pas jouer plus vite qu’Évreux, on loupe des finitions près du cercle, on laisse des paniers faciles à certains moments… » Et de conclure sur le sujet : « J’ai une équipe jeune, très jeune même cette année, alors on fait un pas en avant, deux pas en arrière. Même en l’absence de Benjamin Monclar (cloué sur le banc suite à une béquille reçue deux jours plus tôt), on aurait dû mieux gérer certaines situations. Cela dit, on est à sept victoires pour deux défaites et c’est quand même très bien. »
Seul Quimper peut se targuer d’avoir fait mieux (7 victoires, 1 défaite) mais il ne vous aura pas échappé que les Bretons ont pris cher lors de leur séjour au Jeu de paume, voilà tout juste une semaine (83-68), ce qui nous fait dire que l’ADA reste, malgré sa jeunesse, une de ces équipes qu’il ne fait pas bon croiser trop souvent. Et tiens, à propos de jeunesse, glissons un petit mot sur Hugo Bequignon, épatant voilà trois semaines contre Vichy-Clermont, et qui a passé pas loin de 22 minutes sur le parquet d’Évreux, ce vendredi, profitant notamment du fait que Mbaye Ndiaye était en difficultés face à la zone adverse.
Mais pour ce qui est de revoir jouer les Blésois, l’âge ne fera rien à l’affaire. Que ce soit Bequignon (19 ans) ou Johnson (32 ans), ils ne sont malheureusement pas près de nous offrir une revanche puisque l’on ne devrait pas rejouer en Pro B avant – dans le meilleur des cas – le mois de mars…
Aussi Mickaël Hay va-t-il accorder une grosse semaine de vacances à ses joueurs qu’il retrouvera lundi 15 février à l’entraînement. Pas tous d’ailleurs car, à cette date, deux d’entre eux auront rejoint leur sélection, Cédric Bah la Côte d’Ivoire, Mbaye Ndiaye le Sénégal, deux nations engagées dans les qualifications pour l’Afrobasket. On jouera donc bien au basket en février. Mais à Yaoundé, au Cameroun, plutôt qu’au Jeu de paume. Patience…
La Nouvelle République

