Walker, joker de luxe !
Ce n’est pas le costume qu’il préfère mais, force est de constater que c’est celui qui lui va le mieux. Depuis qu’il sort du banc, B.A. Walker n’a jamais été aussi fort, au point d’être considéré aujourd’hui comme l’un des meilleurs meneurs de Pro B.
BA Walker tourne à 15,7 points marqués en moyenne sur les onze derniers matches
Depuis le début de sa carrière, jamais ça ne lui était arrivé. Commencer les matches sur le banc, Bobby Anthony Walker (1,88 m, 31 ans) ne savait pas ce que c’était alors, forcément, lorsque Laurent Pluvy lui a dit qu’il serait le sixième homme de l’ALM, le meneur US a un peu tiqué.
« B.A. ne savait pas qu’il aurait ce rôle lorsqu’il a signé, précise l’entraîneur eurois.
Du coup, il a eu un peu de mal, mais il a finalement accepté ma décision. » Étonnant ? Non. Le natif d’Onencock (E-U) n’est en effet pas du genre à faire des vagues et puis, le coach eurois a aussi justifié son choix en avançant de solides arguments.
« Je lui ai expliqué que Mathis (Keita)
était un jeune joueur et qu’il fallait qu’il « starte » pour continuer à avancer. Ensuite, j’ai ajouté que, partant de là, j’avais besoin derrière, d’un gars solide, plein d’expérience, capable de remettre le truc en marche si nécessaire. Il a bien compris, mais a eu du mal à intégrer le rôle. »
Car si on peut laisser venir le match à soi lorsqu’on est titulaire, il faut tout de suite se mettre dedans lorsqu’on est remplaçant.
« Ça a été dur pour lui au début. Il a fallu que je me fâche et que je lui dise : Joues ! Lorsque tu sors du banc, tu dois tout de suite être performant. Tu restes un Américain, un étranger, tu prends tes responsabilités. Tu ne peux pas être neutre. Tu as vu ce qui s’est passé, tu t’adaptes. L’équipe tourne bien, tu continues à la faire jouer sinon, tu apportes autre chose. » Facile à dire, mais lorsqu’on a été habitué, pendant des années, à appréhender le match d’une certaine façon, c’est difficile de changer.
« Je n’avais jamais été sur le banc avant et même si ça reste du basket, tu ne ressens pas le jeu de la même façon, explique le numéro 4 de l’ALM.
Du coup, au début, j’étais dans une position inconfortable. Heureusement, au fil des matches, je me suis adapté, je me suis senti de plus en plus à l’aise. »
« Il est archi-dominant »
Au point même de réaliser sa meilleure saison en Pro B (13,4 pts, 55 % aux tirs, 3 rbs, 3,5 pds, 14,1 d’éval’, 25 mn en moyenne par match).
« C’est sans doute grâce à mon nouveau rôle, mais aussi parce que c’est ma troisième année en France. Je me suis habitué à la façon dont on joue ici. J’appréhende mieux les situations. » Et notamment le money-time.
« C’est la partie la plus importante de mon boulot. Lorsque tu sors du banc, à ce moment-là, il faut vraiment être solide, agressif. Il faut avoir un bon contrôle de la balle, une bonne vision du jeu, mettre en place le système approprié. C’est la période durant laquelle il faut prendre les bonnes décisions et avec l’expérience, je fais un peu moins d’erreurs. » Fini l’attaque à tout prix, Walker a trouvé l’équilibre entre le scoring et le fait de faire jouer ses coéquipiers.
« Il est indispensable sur les fins de matches, souligne Pluvy. C’est un joueur qui met des lancers, qui est clutch (décisif)
, il sécurise notre jeu. Ce qu’il fait en ce moment, c’est monstrueux. Depuis début décembre, il est juste incroyable. »
L’Américain reste en effet sur une série improbable de onze matches à plus de dix points (15,7 en moyenne), une performance qui prend encore plus de relief lorsqu’on regarde son temps de jeu (26 mn).
« Je ne l’échangerais contre aucun autre US de Pro B. Je savais qu’il avait de grosses capacités, des qualités, mais je n’imaginais pas qu’il puisse être aussi bon. Il est archi-dominant. Pour moi, il n’y a pas de meilleur meneur américain que lui, en ce moment, dans le championnat. Il a mis du temps à s’approprier son nouveau rôle mais aujourd’hui, il est super-fort. »
L’ALM Evreux a de la mémoire
S’il y a bien un match que Laurent Pluvy n’a pas oublié, c’est bien celui qu’a disputé l’ALM, mi-décembre, à Saint-Chamond (69-78).
« Ça a marqué le début de nos difficultés, se remémore le technicien eurois.
On contrôlait la situation et on leur avait finalement donné match. Ils avaient fait les efforts nécessaires pour aller chercher la victoire, mais on ne méritait pas de perdre par rapport au niveau de jeu qui était le leur à l’époque. » Un niveau qui, à l’instar de celui d’Evreux, n’a cessé d’augmenter depuis.
« Ils ont progressé. Ils produisent un basket de qualité, ils ont des joueurs qui se connaissent depuis un moment et je sais que sur un match ils peuvent être très performants. » Suffisamment pour inquiéter une équipe ébroïcienne qui évolue, depuis deux mois, sur une autre planète (sept victoires consécutives) ?
« Assurément. Pour moi, c’est une des équipes les plus dangereuses que nous allons affronter à domicile durant la phase retour. C’est une formation qui a un jeu qui ne nous convient pas. Les joueurs se passent bien la balle, ils ont un vécu commun. Ils sont montés ensemble, ils se connaissent parfaitement et ils sont capables de gérer différents scénarios, de renverser des situations. » Y compris à l’extérieur où les hommes d’Alain Thinet ont déjà engrangé cinq succès (3e de Pro B), dont un plus prestigieux que les autres contre Bourg-en-Bresse (80-69, 15e j.).
« Saint-Chamond est une équipe redoutable, il faut donc qu’on soit vigilant. J’essaye, depuis le début de la semaine, d’avoir un discours pour que les gars restent en alerte. Cela étant, on est sûr de nous, de notre basket, la deuxième mi-temps contre Saint-Quentin me laisse à penser qu’on a retrouvé du rythme. » Assez pour effacer, ce soir, la déconvenue du match aller.
« Il faut bien avoir à l’esprit que ça va être difficile mais, si nous jouons à notre niveau, il n’y a aucune raison pour qu’on ne continue pas sur notre lancée. »
Sous les paniers
Niang, suite et fin ?
Blessé face à Lille, il y a presque un mois, Babacar Niang n’a toujours pas repris l’entraînement. La raison ? Eh bien, ce qui n’était, a priori, qu’une élongation à la cuisse gauche s’avère finalement être une déchirure et, fatalement, l’indisponibilité est un peu plus longue.
« On n’est pas dans une situation où on s’alarme de son absence, précise Laurent Pluvy.
Ceci dit, j’aimerais qu’il reprenne la semaine prochaine et qu’il joue face à Boulazac. »
Verdict attendu
Convoqué par la commission de discipline de la LNB, la semaine passée, en raison de son attitude envers le corps arbitral à l’issue de la rencontre face à Boulogne-sur-Mer (10e j.), Laurent Pluvy devrait savoir sous peu s’il est, ou non, sanctionné.
Paris Normandie