En étant objectif, je pense, Evreux développe un basket plus huilé, plus fluide que Lille. Mais cette équipe n'a pas - et je ne sais pas si elle l'aura d'ici la fin de saison - cet esprit tueur ! Combien de fois cette saison Evreux a pris de l'avance dans le 3e ou 4e quart-temps et s'est fait remonter facilement ?
Trop de fois.. Parfois ça passe (Lille, Nantes, Boulazac), parfois ça casse (Saint-Chamond, Boulogne, Fos).
Lille n'a jamais renoncé mais manque de solutions clairement. On a souffert sur les pick and roll en début de match avec Guy Marc Michel qui se régalait mais très vite Burton a su s'adapter et défendre très fort (5 interceptions au final). Après on connaît la suite... Une avance de +17 dans le 3e QT (67-50) et Lille qui revient à 2 petits points sur un lay-up de Pamba (84-82, 37e) - qui réalise le meilleur match de sa carrière à mon avis, contre son ancienne équipe. Après l'ALM ne craque pas, gère bien la fin de match et finit par l'emporter avec un écart de +8 (92-84).
Côté joueur, Burton a une côte d'amour incroyable à Evreux, what a game ! Et il pourra chambrer Walker car la passe laser qui lui fait pour déposer tranquillement un lay-up est tout simplement sublime mais B.A a préféré tenter le dunk (pour le rater...). Là, une 10e passe lui aurait été attribué et c'était le triple double ! Niang est en pleine progression, continue comme ça, tu fais plaisir à voir et que dire de Costentin ? Un capitaine de gala ce soir avec 10 points
En tout cas, j'espère - même si je doute - que cette équipe saura faire preuve d'un esprit tueur à l'avenir plutôt que de se faire des frayeurs...
Evreux s’est fait peur
Faute d’avoir su tuer le match lorsqu’elle en a eu l’occasion, l’ALM a souffert jusqu’à la fin pour s’imposer (92-84), hier soir, face à une équipe de Lille accrocheuse.
Walker et ses coéquipiers ont vécu une fin de match un peu tendue mais ont fini par s’imposer devant les Lillois
Et de quatre ! En s’imposant face à Lille, l’ALM a porté à quatre sa série de victoires consécutives et prouvé, par la même occasion, qu’elle pouvait sans doute prétendre à mieux que la troisième place du classement qu’elle occupe depuis hier soir.
À mieux, au regard de son entame de match notamment. Un début de rencontre parfait, voilà ce qu’ont réalisé les hommes de Pluvy. Agressifs en défense, ils ont gratté de nombreux ballons (5 in) et ainsi pu développer leur jeu rapide. Complètement dépassé par la vitesse d’exécution des Normands, le LMB a plié (24-12, 8e, 29-19, 10e) mais n’a pas rompu. Dès le début du deuxième quart, Céci-Diop (à 3 pts) puis Kastropil (dans la peinture), ont permis à leur formation de refaire une partie de leur retard (31-27, 12e) et le doute s’est soudainement emparé d’Evreux.
Maladroits sous le cercle adverse, permissifs de l’autre côté du parquet, les Amicalistes ont mis plusieurs minutes à retrouver le jeu qui avait enthousiasmé le public en début de partie. Il a fallu en effet attendre un panier de Walker, à quatre minutes de la pause, pour que l’ALM reprenne sa marche en avant.
Offensivement tout du moins, car défensivement elle a continué à se faire transpercer. Dans un fauteuil, Ceci-Diop puis Price ont pu tranquillement scorer et Lille est rentré aux vestiaires avec un débours de six petites unités (51-45). Un miracle au regard de l’entrée en matière du LMB.
L’entrée en matière, voilà bien ce qui a péché du côté lillois hier soir. Pourquoi ? Parce que les Nordistes ont entamé la seconde période comme ils avaient débuté la partie. Incapables de forcer le verrou local et de stopper leurs adversaires, ils ont totalement explosé.
Burton tout proche du triple-double
En cinq minutes, les Ébroïciens leur ont ainsi infligé un 16-5 (67-50, 25e) dont on pensait à ce moment qu’il leur serait fatal. Costentin et ses partenaires n’avaient en effet plus qu’à porter l’estocade malheureusement, à l’instar de ce qui s’était passé dans le deuxième quart, ils se sont à nouveau relâchés. Pamba en a alors profité pour redonner espoir à un LMB pourtant largement dominé (73-61, 30e). Dominé, mais toujours pas mort, en témoignent les deux paniers inscrits dès le début du dernier quart par Price et Traoré. Deux paniers qui auraient peut-être pu changer le cours du match si derrière, les Ébroïciens n’avaient pas immédiatement répliqué. Répliqué par l’intermédiaire d’un Burton inspiré (13 pts, 10 rbs, 9 pds en 36 minutes). En force, en finesse, le nounours a utilisé tous ses attributs pour remettre les Nordistes dans les cordes, mais pas suffisamment toutefois pour les faire lâcher (83-73, 35e).
Le souci, c’est que lorsqu’on ne tue pas le match quand on en a l’occasion, on prend le risque de voir l’adversaire revenir, de tout perdre à l’arrivée. Et c’est ce qui a bien failli se passer puisqu’à deux minutes de la fin, le LMB a effectué un très sérieux rapproché (86-82, 38e). La peur a alors gagné Jean-Fourré jusqu’à ce que Burton n’assure le succès des siens (92-84) à quelques secondes du buzzer.
Ils ont dit
Laurent Pluvy (entraîneur d’Evreux) : « On a fait un très joli premier quart-temps, puis on s’est relâché. On finit le quart avec une seule faute et on prend vingt-six points, ce n’est pas normal. On a eu du mal en seconde période, Lille nous a contrariés. C’est la première fois qu’on joue face à des intérieurs aussi grands et ça a été compliqué. On s’est fait peur, mais c’est une belle victoire. »
B.A. Walker (meneur d’Evreux) : « Je savais que Lille n’allait pas lâcher. Parfois au basket, il y a des périodes où tout vous réussit, où vous jouez parfaitement et d’autres où vous êtes un peu moins bien. C’est le basket. »
Nedeljko Asceric (entraîneur de Lille) : « On a joué un match d’attaque et à l’extérieur, tu ne peux pas jouer comme ça. Surtout, je n’arrive pas à comprendre comment on a pu perdre autant de ballons. On ne sait pas ce que c’est qu’un ballon. Un ballon, c’est de l’or. On gagne un match, on gagne un championnat sur un ballon. Nous, on n’a pas cette culture-là. Pourtant, on n’est pas loin, mais on ne méritait pas de gagner. »
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