FONZYLUKE a écrit :La SIG 2012-2013:
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Arrêt: Caroline Nestor...
Les Nestor, la main sur le berceau
Raphaël et Caroline Nestor ont considéré que le moment était venu pour la basketteuse, trahie par ses genoux, de mettre un terme à sa carrière et de se consacrer à leur projet commun : la naissance d’un premier enfant.
Raphaël Nestor est du genre taquin. À l’évocation de la retraite de basketteuse de haut niveau (1) de sa femme Caroline, le handballeur de Strasbourg/Schiltigheim (Nationale 1, le 3 e échelon hexagonal) se fait moqueur :
« Qu’elle soit désormais à la maison en permanence ? Ça me fait peur (rire)
. »
Dans leur nid de Barr qui abrite deux grandes femelles Golden Retriever, les deux sportifs vont découvrir une autre forme de vie, treize ans après leur rencontre favorisée par leurs blessures (une opération de la cheville pour Caroline et des ligaments croisés du genou pour Raphaël) et surtout deux entremetteurs de choix. Le handballeur charrie encore en se marrant :
« Le piège avait été tendu par Laurent Roth (son ex-partenaire à la Robertsau)
et Rachel Schillinger (coéquipière de Caroline au Racing Strasbourg)
qui vivaient ensemble. Si on avait su… »
La basketteuse et le handballeur convoleront en justes noces en 2004. Leurs emplois du temps chargés - entre entraînements et matches - ne constitueront jamais un obstacle à leur vie de couple. Au contraire. Raphaël dit que
« ça s’est bien goupillé. » Caroline acquiesce :
« Être sportifs de haut niveau, c’était plutôt une chance. Chacun comprenait les contraintes de l’autre. La seule chose un peu pénible, c’est quand nous jouions en décalé le week-end : l’un à domicile, l’autre en déplacement. »
En 2011, Caroline songe une première fois à raccrocher, trahie par ses genoux. D’autant que son désir de maternité commence à poindre.
« Raphaël aurait même été prêt plus vite pour avoir un enfant. Il m’a pourtant poussée à faire une dernière année, parce qu’il sentait que j’avais encore envie de jouer, malgré mes pépins physiques. »
Déjà opérée deux fois des croisés et deux autres du ménisque, l’intérieure de la SIG se lance un ultime défi. Mais avant Noël, une 3 e intervention chirurgicale à un ménisque l’éloigne des parquets.
« Ça devenait compliqué, même si le chirurgien m’a autorisée à finir la saison. J’ai récemment acheté un vélo elliptique. C’est désormais l’un des rares sports que je pourrai pratiquer. Ces derniers temps, je ne m’entraînais plus que trois fois par semaine. Philippe (Breitenbucher, le coach de la SIG)
savait que j’étais dans la gestion et le comprenait. Je n’ai pour l’instant pas l’impression d’avoir coupé, d’autant que nous avons encore joué et gagné la finale régionale de la Coupe du Crédit Mutuel samedi. »
Elle n’est en effet retraitée que depuis cinq jours. Raphaël a lui aussi songé à dire stop. Mais il a choisi de rempiler deux ans avec Strasbourg/Schiltigheim, maintenu en N1.
« Si nous étions descendus en N2, je me serais sûrement posé la question d’arrêter. D’ailleurs, elle s’est posée en avril. » Le couple en a discuté. Caroline a convaincu son mari de poursuivre l’aventure.
« C’est bien que l’un des deux continue. Il m’a demandé mon avis. Tant que le corps et la tête suivent, qu’il s’éclate avec ses potes, il n’y a pas de raison qu’il arrête. Ça assurera une transition, parce qu’en fait, on ne connaît pas la vie à deux sans le sport. Ça va me laisser le temps de prendre mes marques. Le week-end, j’irai voir jouer les filles de la SIG. J’aime le hand, tous les sports en général, mais mes coéquipières passent avant. »
Raphaël n’a pas eu besoin d’être poussé bien longtemps pour prolonger.
« Le sport, c’est notre vie. Le pratiquer à deux permet d’en discuter à froid avec quelqu’un qui sait de quoi tu parles. Après une défaite, tu évacues mieux ta frustration. Ça fait du bien. Caroline sera toujours aussi compréhensive. »
Mais elle devra sûrement se consacrer bientôt à une autre forme de challenge : la maternité.
« Un bébé est dans les projets. Mais comme on prépare un voyage aux États-Unis cet été, on va le laisser passer pour que je puisse en profiter. Nous avons envie d’un enfant depuis un moment, mais ça n’a longtemps pas été une priorité. Parce que je savais que le jour où je serais enceinte, la fin de ma carrière sonnerait. »
Elle a sonné samedi. Celle de Raphaël attendra. Jusqu’alors, les conversations du dimanche étaient souvent rythmées par les résultats de la veille. Il faudra dorénavant trouver d’autres sujets de discussion.
« Quand les deux gagnent le même week-end, tu respires », observe Caroline.
« Oui, mais les dimanches où les deux avaient perdu, ça ne causait pas des masses à la maison », s’en amuse Raphaël.
Les babillements de la descendance Nestor meubleront sans doute dans quelque temps les silences pesants des lendemains de défaite du handballeur…
(1) Effective depuis samedi et le sacre de la SIG féminine (Ligue 2) à domicile en finale régionale de la Coupe du Crédit Mutuel contre le FC Mulhouse (97-77).
le 07/06/2012 par Stéphane Godin -
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Jubilé
Caro touchée au cœur
Il y a un mois et demi, ses proches ont préparé une énorme surprise à l’Illkirchoise : la présence de son ex-coéquipière et amie espagnole Reyes Castiella, venue de Pampelune.
Sa famille et ses amis ont réservé à Caroline Nestor une sortie en grande pompe le 28 avril contre Dunkerque pour son dernier match de Ligue 2. Récit d’une soirée mémorable.
Samedi 28 avril. 19 h 55, cercle Saint-Symphorien à Illkirch. Pour son dernier match de la saison en Ligue 2 féminine, la SIG accueille Dunkerque. Le match, perdu 61-69, ne restera pas dans les annales du club. Sauf pour une raison : il a marqué la fin de carrière de son intérieure et capitaine Caroline Nestor au haut niveau.
« J’avais prévu mon jubilé lors d’un match entre nous le 16 juin. C’est d’ailleurs toujours prévu. Le 28 avril, il m’a fallu du temps pour comprendre. Avant la rencontre, je me suis échauffée normalement. J’étais concentrée. J’avais distribué une trentaine de billets à des proches qui voulaient assister à mon dernier match. Mais je ne pensais pas que ça irait plus loin. »
La présentation des équipes vient de s’achever. Au micro, le président Luc Pfister annonce la présence exceptionnelle d’une ex-grande joueuse de Mirande. Caro Nestor s’étonne, mais ne se doute pas de l’énorme surprise que lui a réservée son club : la venue de son ex-partenaire au Racing Strasbourg (de 1997 à 1999), l’Espagnole Reyes Castiella, depuis son domicile de Pampelune.
« Je me suis dit : ‘’Bon, très bien.’’ Puis quand Luc a indiqué que cette ex-grande joueuse avait fait les beaux jours de Pampelune, je me suis tournée vers Céline (Sendner) et lui ai demandé : ‘’Reyes est là ?’’ Quand cette dernière est entrée sur le parquet, mes mains tremblaient. Je ne m’attendais à rien du tout, surtout pas à sa présence. Au RCS, Reyes était ma grande sœur. Elle était en fin de carrière, alors que je débutais en équipe première. Depuis son départ, nous n’avons jamais perdu le contact. Je suis allée chez elle à Pampelune. Elle était présente à notre mariage. On s’appelle trois ou quatre fois par an. Céline l’a contactée. À partir de là, ça a été des mensonges à tout va : des échanges de mails et de SMS à mon insu. Je n’ai rien vu venir. »
« Je n’ai pas compris que la soirée était pour moi »
Vraiment rien. Pas même la fête programmée par ses amis après la rencontre.
« Je n’ai pas compris non plus que la soirée était organisée pour moi. Sitôt le match fini, j’ai discuté trois quarts d’heure avec mes invités, pensant qu’ils allaient partir ensuite. Puis je suis allée me doucher. J’ai pris tout mon temps. Céline a fini par venir me chercher en disant : « Mais qu’est-ce que tu fabriques ? C’est toi qu’on attend. » D’habitude, le 28 avril, on fête l’anniversaire de Karen Monfrini, ma grande amie statisticienne au club. J’avais cru que cette fiesta était pour elle. »
Reyes Castiella, mais aussi Céline Fromholz, Rachel Schillinger, Nadège Drago, Sarah Mandéry, Anne Riegel, Amel Bouderra, Aurélie Langlais et d’autres qu’on oublie sans doute : beaucoup de celles qui ont accompagné Caroline Nestor au cours de sa carrière sont présentes. Mais pas son mari Raphaël qui joue à Chambéry.
Quand Raphaël sort de l’écran
À une heure du matin, la néoretraitée du haut niveau visionne avec tout le monde un montage teinté d’humour et de clins d’œil retraçant son parcours. Une vidéo conclue par un message de son chéri. C’est le moment que choisit Raphaël pour faire son entrée dans le club-house, sous le regard interloqué de sa femme.
« J’avais à peine fini de le regarder parler à la télé qu’il est entré. Je n’ai rien réalisé. Ni la venue de Reyes, ni la soirée après. Ce n’est que le lendemain que j’ai commencé à en prendre conscience. »
Dans le plus grand secret, Raphaël vient d’effectuer un aller-retour express à Chambéry où Strasbourg/Schiltigheim s’est imposé face à la réserve chambérienne.
« J’ai roulé à l’aller avec ma voiture derrière le bus de l’équipe. Le coach (Bruno Boesch)
m’en avait donné l’autorisation, à la condition qu’après le repas de midi, je fasse la sieste dans le bus et qu’il conduise ma voiture. Après notre succès, nous sommes rentrés à quatre en bagnole. Opportunément, notre match, qui devait initialement avoir lieu à 20 h 30, avait été avancé à 18 h. On n’a pas traîné et je suis arrivé à une heure. Avec Céline, Karen et le père de Caro, nous nous étions dit qu’il fallait vraiment préparer un truc spécial pour son dernier match en LF2. »
La fête battra son plein toute la nuit, blanche pour certains, et s’achèvera le lendemain par une soirée chez Caroline et Raphaël à Barr.
« C’était une belle sortie, empreinte d’émotion. Je suis super-contente. Pour ton dernier match, tu ne peux pas espérer beaucoup mieux. »
le 07/06/2012 -
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CAROLINE NESTOR
Née Deininger le 25 avril 1980 à Strasbourg.
Superviseur aux Assurances du Crédit Mutuel (service Gestel) au Wacken à Strasbourg.
Carrière : AS Strasbourg (1986-1989), AS Électricité de Strasbourg (1989-93), Racing-Club de Strasbourg (1993-2005), SIG (2005-2012).
Palmarès : championne de France UNSS en 1996 avec le lycée Pasteur de Strasbourg. Championne de France de N1 en 2004 (avec le RCS). Championne de France de N2 et lauréate du Trophée Coupe de France en 2008 (avec la SIG). Double finaliste du Trophée Coupe de France en 2006 et 2007.
07/06/2012 -
http://www.lalsace.fr