visiteur a écrit :
Je n'ai pas vu le match mais je lis beaucoup de commentaires divers et variés et d'ailleurs contrastés sur son match d'hier soir. Sur l'aspect défensif, face à Ukic qui n'est quand même pas un manche à balais, tu l'as trouvé comment?
À vrai dire j'ai pas spécialement fait attention aux prestations individuelles en défense, que j'ai trouvées globalement homogènes... à part pour 2 joueurs qui sont sortis du lot en brisant cette homogénéité, justement : Hardy (en mal) et Boutsiele (en bien).
La défense d'ailleurs, c'est l'aspect qui m'a le plus embêté. Il y a eu de très nombreuses erreurs de communication qui ont donné beaucoup de paniers faciles à Levallois, mais bon ça c'est pas très grave, ce sont des choses qui vont se régler naturellement assez vite au fur et à mesure des matchs, je m'inquiète pas pour ça. Non, ce que je trouve bien plus problématique, c'est :
- le nombre de positions ouvertes laissées à 3 pts, notamment sur les ailes et dans les corners. Probablement plus d'une vingtaine (j'ai d'ailleurs été étonné de voir que Levallois n'en avait finalement mis "que" 9/27). Et ça, ça a été une tare qui a suivi l'équipe pendant toute la saison dernière et qui a souvent coûté cher.
- l'absence globale de grosse périodes défensives où l'équipe enchaîne les stops, encore un problème qui a été présent toute la saison dernière (jamais ils n'avaient vraiment été capables de clouer sur place une équipe pendant de longues périodes, genre 6-7 minutes, pour coller des 15-2 ou des 18-4, ou du moins beaucoup trop rarement et jamais contre les grosses équipes).
- à plusieurs reprises les extérieurs adverses sont allés choper des rebonds off en démarrant de la ligne à 3 pts parce qu'un défenseur a pas fait son box-out (hello messieurs Williams et Bouteille). Et ce point particulier me fout à chaque fois bien les boules. Et là encore c'est quelque chose qu'on avait vu toute la saison dernière, notamment avant la 1re trêve internationale.
Ces 3 points là ont coûté très cher tout au long de la saison, on peut leur imputer de nombreuses défaites, et notamment en coupe d'Europe contre Kuban, Kazan ou Vilnius, par exemple. Les erreurs défensives dues à une mauvaise communication, c'est pas un problème, c'est normal en pré-saison, ça va se régler. Par contre, voir resurgir maintenant des problèmes qui ont été récurrents pendant toute la saison dernière et n'avaient jamais été réglé, ça c'est BEAUCOUP plus chiant à mes yeux, et témoigne d'un mal plus profond et donc plus difficile à corriger.
Finalement, on parle pas mal des JFL de l'équipe pour dire que certains doivent confirmer, se reprendre, s'affirmer, s'améliorer ou autre, mais je trouve qu'on parle pas assez de Milling. Lui aussi il faudrait qu'il fasse un peu plus ses preuves, à mes yeux. Parce que c'est sûr que si on s'arrête aux résultats de l'année dernière, d'un pur point de vue factuel, ils ont été remplis : participation au Top 16 de l'EC, à la coupe mickey, 4e place en pro A, demi-finale des play-offs, le tout avec la 4e masse salariale de la ligue. OK. Mais quand on regarde plus près les détails, ça brille beaucoup moins :
- en EC, bilan catastrophique de 2v-10d dès qu'une équipe était meilleure que Bilbao et le Partizan... Cette campagne européenne m'a laissé énormément de frustration, parce qu'il y avait largement la place pour faire mieux. Rien que les matchs à Beaublanc contre Kuban, Vilnius et Kazan auraient dû être des victoires sans une accumulation débiles d'erreurs de cadets (j'ai encore les veines des tempes qui palpitent quand je repense à
Conklin qui se fait humilier comme un mini-poussin sur le dernier rebond du match contre Kazan), et la poule de top 16 (Kazan, Reggio Emilia, ASVEL) était largement abordable mais Milling n'a jamais réussi à reprendre l'équipe.
- 4e place en pro A, OK, mais uniquement grâce au fait que le championnat a été très homogène, ce qui a donné une 1re place à 9 défaites (c'est beaucoup) et un 1er relégué à 12 victoires (c'est du jamais vu en pro A). Avec 58,8% de victoire (le % du CSP la saison dernière) le classement aurait été en :
2016/2017 : 7e
2016/2016 : non qualifié
2014/2015 : 4e
2013/2014 : 7e
2012/2013 : 5e
2011/2012 : 6e
2010/2011 : 6e
2009/2010 : 7e
2008/2009 : 6e
2007/2008 : 6e
Bref, je m'arrête sur les 10 dernières années, mais pour info j'ai vérifié sur les 30 dernières années (donc depuis la création de la LNB), et un bilan de 58,8% de victoire n'a permis d'atteindre la 4e place que 2 fois : en 2018 et en 2015. Tout le reste du temps, c'est la 6e, 7e ou 8e place, et même 3 fois au-delà de la 8e. Donc si on s'intéresse au niveau réel du CSP en 2018, c'est ça qu'il faut regarder bien plus que le classement final. Le niveau de jeu du CSP en 2018, c'est un niveau qui aurait été celui d'un 7e ou d'un 8e pratiquement tous les ans depuis 30 ans. Ce qui n'est pas une surprise quand on sait que l'équipe n'a pas remporté un match à l'extérieur pendant pratiquement 6 mois consécutifs.
- au niveau du jeu proposé en lui-même, c'était très loin d'être génial. Un jeu d'attaque sans variété où 80% du temps c'était du jeu à 2 tête de raquette puis balle qui arrive à 3 pts à 45°, et de là soit on cherchait le pivot au poste bas soit on cherchait le 3 pts à l'opposée. Quasiment jamais de jeu rapide ni de drive, peu de P&R ni de P&P. Un jeu bien trop lent avec des systèmes qui commençaient rarement avant la 11 ou 12e seconde de possession avec pour conséquence de nombreux tirs difficiles pris sous la pression du chrono. Bien trop tirs à 3 pts non convertis alors qu'ils étaient ouverts. Et en défense, cf. les pts que j'ai évoqué au début du post.
Bref, tout ça pour dire que cette année, y a pas que les joueurs qui vont être testés, Milling le sera aussi. Et à ce titre, ça m'a fait tiquer de revoir maintenant un certain nombre des problèmes défensifs qui ont plombés l'équipe pendant toute la saison passée. Offensivement, par contre, j'ai trouvé ce que j'ai vu bien plus satisfaisant en terme de jeu proposé, de variété et d'options offensives possibles. Dans les 2 cas, le mieux c'est d'attendre et voir comment ça va se développer sur les semaines à venir. Quoi qu'il en soit, il faut espérer que ça se décante vite, car cette année je doute qu'on bénéficiera d'un calendrier aussi clément et d'un championnat aussi homogène pour cacher un jeu déficient en début d'année, pas plus en pro A qu'en eurocup.